programmation

  • "LAICITE ISLAM et REPUBLIQUE"

    Conférence de Ghaleb Bencheikh
    Organisée par l’AFARA, CARA, Coup de soleil en RA, la Cimade et la Maison des Passages (en partenariat avec la Salle des Rancy)
    Dans le cadre du cycle France-Algérie, les chemins de la rencontre

    Ghaleb Bencheikh, théologien et philosophe ; Il anime l’émission Islam dans le cadre des émissions religieuses diffusées sur France 2 le dimanche matin. Il préside la Conférence mondiale des religions pour la paix, Il appartient au comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de non-violence et de paix.





    Conférence le vendredi 18 septembre 19h
    Salle des Rancy

    Ghaleb Bencheikh entretien au journal l’humanité 3 octobre 2014. (extraits)

    À la suite de l’assassinat d’Hervé Gourdel, vous avez signé, avec d’autres personnalités musulmanes, un appel intitulé «  Nous sommes aussi de “sales Français” », condamnant les crimes commis au nom de l’islam. Qu’est-ce qui vous a motivé ? Pour certains, les musulmans n’ont pas à se justifier sans cesse face aux exactions de groupes terroristes…
    Ghaleb Bencheikh Deux thèses se télescopent. La première consiste à dire : «  Quand il y a une abomination, un crime révoltant de cet ordre-là, il faut le réprouver avec force et il faut le dire.  » La seconde : «  Mais nous sommes innocents, nous n’avons rien à voir avec ces fous, c’est une idéologie mortifère ; si je commence à me disculper à chaque fois qu’il y a de telles abominations, je renforce en creux l’idée qu’elles ont quelque chose à voir avec moi.  » Comme citoyen, comme homme de foi, je demeure convaincu que, lorsque les assassins agissent au nom d’une tradition religieuse, les adeptes de cette tradition doivent condamner. À mon goût, ça n’a pas été assez fait depuis des années. Si nous sommes arrivés à ces situations de suspicion de la part de nos autres concitoyens, c’est aussi parce qu’on ne l’a pas fait très tôt, quand il y avait les crimes des GIA en Algérie, de Boko Haram au Nigeria, de la Jamaat Islamiya en Égypte… On ne pouvait pas se contenter de dire : «  Ah non, ça ne nous concerne pas, l’islam, c’est la paix.  » Cela dit, condamner ne suffit pas. Il y a un autre palier à franchir : celui de la réflexion fondamentale sur des considérations théologiques.


    Justement, on entend ici et là, en France, qu’il y aurait, dans les textes sacrés, dans le 
Coran, des justifications de la violence. Les groupes terroristes invoquent d’ailleurs une notion islamique, le djihad, pour commettre leurs exactions…
    Ghaleb Bencheikh On ne peut faire l’autruche. Il y a, dans les textes, tel ou tel passage belligène. Par exemple : «  Combattez les mécréants où que vous les trouviez…  » L’ennui, c’est qu’on les a extraits de leur contexte, alors qu’il faut savoir relativiser le texte à son contexte et ne jamais le prendre comme un prétexte à un nouveau contexte. Et l’interprétation qui en a été faite n’est que construction humaine. Du coup, on sacralise une construction humaine, alors que ce qui a été fait par des hommes peut être défait par des hommes. Et en plus, on est au XXIe siècle, pas au VIIe. Pour revenir à la notion de djihad, je veux d’abord souligner la frilosité, la pusillanimité des hiérarques religieux, des théologiens, des responsables, qui, au temps où le vocabulaire de leur propre tradition religieuse a commencé à être détourné, n’ont pas réagi. Si, à ce moment-là, on avait dit : «  Stop, le djihad n’est pas une guerre sainte, car la guerre n’est sanctifiée nulle part ailleurs, et encore moins dans le Coran !  » Étymologiquement, djihad ne veut rien dire d’autre qu’un effort dans un but déterminé. Il y a l’effort mineur, qui couvre toute une gamme d’activités : fagoter, bûcher, trimer, moissonner, bâtir… Et il y a l’effort majeur, le grand djihad, l’effort salvateur : c’est le travail sur soi, le fait de juguler ses désirs, réguler ses passions, maîtriser ses pulsions. Nos criminels ne l’ont compris, exclusivement, que dans le sens d’un effort guerrier, de surcroît offensif.


    Bibliographie
    Alors, c’est quoi l’islam ?
    L’Islam et le Judaïsme en dialogue (avec Salam Shalom et Philippe Haddad et la collaboration de Jean-Philippe Caudron)
    La Laïcité au regard du Coran,
    Lettre ouverte aux islamistes (avec Antoine Sfeir),


    Maison pour tous - salle des Rancy
    249, rue Vendôme
    69003 Lyon