Manifeste "Pour le droit à l’errance" 2010

le manifeste

Lundi 8 novembre 2010, le TNP a accueilli la Maison des Passages et le CIRDEL (centre d’initiative et de réflexion pour la défense des libertés) pour une soirée intitulée : « … et la caravane passe, quel droit à l’errance aujourd’hui ? »

Depuis plusieurs centaines d’années les gens du voyage, les tsiganes, les roms sont les boucs émissaires des peurs diverses qui traversent nos sociétés.
Pour défendre le droit à l’errance, le droit à s’enrichir du monde :« l’errant, disponible dans le mouvement, peut s’enrichir du monde » comme le dit Patrick Chamoiseau, invité de cette soirée, des musiciens et des chanteuses interpréteront les musiques et les chants des tsiganes et des roms, des témoins sont venus dire le pas pesant des soldats qui surveillent l’entrée de nos villes.

Mais, au delà des tsiganes et des roms c’est, dans la société globalisée, la question de la libre circulation des personnes qui est mise en cause. Sur les rives de Ceuta et de Gibraltar l’œil électronique refoule de l’Europe tout clandestin, faisant de la Méditerranée un cimetière comme le fut l’Océan Atlantique. Sur les plages de Sicile et de l’île de Malte, le mur prend la forme de centre de rétention, comme « chaque fois qu’une culture ou qu’une civilisation n’a pas réussi à penser l’autre, à se penser avec l’autre, à penser l’autre en soi, ces raides préservations de pierres, de fer, de barbelés, de grillage électrifiés ou d’idéologie close se sont élevées ».